Pause café (humeurs)

#1 : Ce que vous ne savez pas sur les fast-food (Les tribulations d’une caissière… de fast-food !)

20 décembre 2016

#1 : Ce que vous ne savez pas sur les fast-food

Vous aimez les secrets ? Je vais vous en livrer quelques uns, de plus ou moins confidentiels et quelques brides de notre quotidien que vous ne voyez pas…

On vous connaît par cœur. Par habitude sûrement, on le sent si vous avez plutôt envie d’une salade ou d’un menu XL, si vous prendrez un dessert ou non. Vous êtes tellement prévisibles. Parfois on s’amuse à parier sur le contenu des commandes qui vont être prises. Il faut bien se détendre.

On n’aime pas trop que vous preniez à emporter. Juste parce que vous êtes plus pressés que les autres et donc nous plus stressés à prier pour que vos produits arrivent en priorité sur les autres clients (mais vous n’êtes pas prioritaires, non !). Et juste parce que c’est plus long à faire, ça me coupe un peu le réflexe de poser un plateau-serviettes-gobelets, là je dois aller chercher une poche-carton-pailles-boissons.

C’est vexant quand vous choisissez les bornes électroniques à nos beaux sourires. Non, vraiment. Oui dans la concurrence il n’y a plus d’humains pour vous, nous on adore être là pour vous et vous conseillez ! En plus on fait parti des restaurants les plus accueillants, on s’amuse au travail, on prend tout avec le smile. Même dans un « job de merde » on arrive à y trouver du plaisir, quand on a des clients qui l’ont aussi, le smile.

/!\ Il y a des enseignes qui font tous le contraire de ce qui est censé être fait, au profit du chiffre et non de la qualité, mais ce n’est pas un secret… #mcdo /!\

Les frites ont une durée de vie de 10 minutes. Les packeurs (=cuisiniers) remettent des frites dans la panière régulièrement en plein rush. Il y aura l’équivalent de plusieurs tournées dans le panier, mais nous faisons en sorte de bien différencier les nouvelles des vieilles et les jetons même s’il y a du monde. Des frites froides c’est dégueu’ on est d’accord. En pratique, nous les jetons rarement en plein rush, parce qu’elles n’ont pas le temps de poireauter 10 minutes sans être servies. Bienvenue dans la restauration rapide, il y a toujours des clients pour manger, à n’importe quelle heure. Si on voit qu’il y a juste un client qui est entré et qu’il n’y a plus de frites dans la panière, on en relance la juste dose pour que le client ai une ou deux grandes frites s’il le souhaite. Si vous vous sentez observer quand vous entrer c’est sûrement un packeur qui se demande si d’autres personnes vous suivent et combien de panières il doit faire cuire.

Là où je suis, la « femme de ménage » ben… c’est nous. Oui, c’est la même personne qui est en caisse, mais qui fait le ménage seulement quand elle a le temps. Donc quand on vient nous voir pour « nettoyer tout de suite » l’Ice Tea que le petit frère à fait tombé, on voudrait bien avoir une cape de Superman et venir tout de suite mais en plein rush ce n’est pas toujours évident (à moins qu’on soit assez devant pour gérer le service).

La pastille anti-vomitive… mythe ou réalité ? Vous allez être déçue mais je n’ai pas la réponse officielle, cependant j’ai une explication possible. Pour la faire courte, il s’agirait de traces des robots fabricants. Primo : personne n’a le temps de s’amuser à mettre une pastille dans chaque pain (chaque restaurant en a des centaines en stock, une bonne soixantaine part chaque heures), deuzio : je ne pense pas que ce soit très éthique de mettre une pastille (médicament?) contre la volonté des consommateurs.

Pas de poches, pas de pourboires ; pas de pourboires, pas de poches. Pas de poches… pas de poches.

(J’offre un café à ceux et celles qui ont reconnu la référence !) C’est la première chose que j’ai remarqué en commençant à travailler à l’enseigne X : nos poches sont cousues. Mais POURQUOI ? Plusieurs raisons :

  • Éviter l’inactivité (efficace…)

  • Empêcher les tics nerveux (pas efficace du tout)

  • Impossibilité de voler

  • (Interdit de pourboires.)

Quand je suis arrivé les pourboires nous été interdits, si nous en recevions, nous devons les mettre dans la caisse. Hors c’est contre ma volonté de donner de l’argent qui m’est destiné à une entreprise qui nous paye mal. Édit : depuis que nous avons changé de directeur nous avions droit à ces pourboires, et là je suis bien dégoûtée d’en avoir refuser une petite vingtaine (oui, une petite vingtaine, c’est pour dire à quel point notre bonne humeur plaît). Bon le soucis c’est que je ne vois pas où on peut mettre ces pourboires sachant qu’on a pas de poches… On a bien suggérer une boîte commune mais nous n’avons pas de nouvelles…

La durée de vie des produits…

En voilà un grand débat aussi ! Chaque produit à sa durée de vie, au delà de ce temps, ce n’est pas qu’il n’est plus bon (au contraire) c’est qu’il est considéré « de moins bonne qualité » mais largement mangeable et encore tout chaud ! Vous n’imaginez pas les kilos que l’ont jette chaque jour, alors ne pensez surtout pas à la famine dans le monde où aux sans-abri dans le froid quand vous jetiez des sandwich encore chauds juste parce que la salade est moins fraîche… Ça me complexe bien sur, c’est contre mes principes, mais je vous l’ai dis, c’est mon métier alimentaire temporaire.

Selon le processus, vous avez des languettes de numéros devant chaque produit (là où on récupère vos produits), si vous regardez bien ses numéros vous devriez voir aussi un mini écran avec un chiffre qui s’affiche. Il faut que la languette soit en raccord avec le chiffre sur l’écran voir en dessous, si c’est un chiffre au dessus, le produit est considéré comme plus bon (enfin, plus beau, mais encore chaud et très bon hein…). C’est fréquent qu’on ne fasse plus trop attention à ces chiffres, on se fit plus souvent à nos yeux qu’aux écrans. Vous êtes choqués ? Attendez, imaginez. Une dizaine de sandwich sont préparés à la minute et une vingtaine de clients s’enchaînent dans le hall, au drive et aux bornes, dans ce cas-là on ne met plus beaucoup les languettes car tous les sandwichs partent à la seconde donc les cuisiniers les font à la chaîne sans s’arrêter. Quand la foule est partie, on peut jeter les frites qu’il reste et vérifier les sandwichs. C’est comme ça partout.

En fait on fait surtout ce qui nous semble juste, on jette un sandwich si on ne le mangerait pas. Si on hésite sur son aspect ou qu’on trouve les frites pas terribles (même si elles sont chaudes), on jette.

C’est fini pour aujourd’hui ! Je pense avoir assez dévoiler de choses que ce soit sur les coulisses ou autre. Le prochain billet sera plus marrant puisqu’il regroupe plein d’anecdotes, j’espère qu’il vous plaira.

Rendez-vous très vite pour le second article de la série !

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